# Module Courants

> Module Courants d'Olex : cartes de courants de marée créées à partir du GPS, du compas et du speedo du bord, capteurs recommandés et procédure de calibration.

En septembre 2006, avec sa version 6.4, Olex introduit le calcul automatique des courants de marée et leur
affichage sur la carte.

Olex avait été le premier système à permettre de créer ses propres cartes du relief du fond avec le GPS et
le sondeur du bord. Il permet désormais au navigateur de créer ses propres cartes de courants avec ses
capteurs. Le module Courants, fondé sur un calcul de dérive, reprend le modèle de base de données de la
bathymétrie d'Olex : filtrage et accumulation dans le temps des données du GPS et du compas.

[[image : Carte de courants de marée générée par Olex]](https://www.justmagic.com/images/Olex_currents.png)
*Génération de cartes de courants*

[[image : Écran de calibration des capteurs dans Olex]](https://www.justmagic.com/images/Olex_currents_calibration.png)
*Calibration des capteurs*

## Le principe

À partir des données NMEA du GPS et du gyrocompas (position, vitesse et route sur le fond, cap vrai,
vitesse surface), Olex calcule la dérive du navire sur le fond et l'affiche par une flèche, de taille
variable, issue du navire. Cette dérive représente le courant.

Les résultats sont excellents pour les courants de marée, réguliers et prévisibles, et ne sont limités que
par la résolution des capteurs. Au large, où les courants de marée sont faibles, les courants généraux sont
rarement cycliques et plus difficiles à calculer : il faut alors recourir aux données océaniques issues de
l'altimétrie par satellite (Topex/Poséidon, ERS, Envisat, Jason).

Les courants sont cartographiés dans une structure en cellules semblable à celle de la base de données
bathymétrique, avec une résolution plus grossière. La carte tient compte de la phase principale de la
marée : pour une position donnée, les courants sont rangés par tranches horaires synchronisées sur l'angle
de la Lune par rapport à la Terre (composante harmonique M2).

M2 est la composante qui pèse le plus sur la marée. C'est la marée créée par la « Lune moyenne », astre
fictif qui tournerait uniformément sur une orbite circulaire dans le plan de l'équateur, avec la même
période que la Lune réelle. Elle donne deux pleines mers et deux basses mers par jour lunaire
(24 h 50 min).

La carte des courants se construit au fil de la navigation sur une zone. À tout moment, de petites flèches
montrent les courants estimés pour la phase de marée en cours, et un curseur permet de voir ceux des heures
à venir.

## Pourquoi ne pas utiliser les atlas de courants du SHOM ?

Les atlas de courants de marée montrent les courants à chaque heure de la marée, en vives-eaux et en
mortes-eaux moyennes. Ils sont calculés par des modèles mathématiques qui simulent la propagation de l'onde
de marée, et le SHOM indique lui-même que des mesures ponctuelles sont nécessaires pour valider les
résultats.

Olex sert justement à collecter puis à modéliser les données des capteurs du bord. Comme pour la
bathymétrie, une navigation répétée sur une zone donne à moyen terme des cartes de courants de marée plus
précises que les atlas issus de modèles hydrodynamiques.

## Les capteurs nécessaires

Le module se contente de capteurs assez classiques, parce qu'Olex étalonne efficacement les capteurs : il
identifie les erreurs à court terme et valide ses prévisions avec les positions GPS.

Typiquement, un **compas satellitaire GPS**, pour la position, le cap, la route et la vitesse sur le fond :

| Compas satellitaire | Précision |
|---|---|
| Kongsberg Seatex Seapath 20 | 0,4° |
| Magellan 3011 | 0,5° |
| Furuno SC-30 / SC-50 / SC-110 | 1,0° / 1,0° / 0,6° |
| JRC JLR10 / JLR20 / JLR30 | 0,7° / 0,5° / 0,3° |
| Simrad HS50 | 0,8° |

Un **speedo à ultrasons** est recommandé, comme l'Airmar CS4500 (précision 0,1 nœud) ou l'Ultrasonic
Speedo de NKE (précision meilleure que 0,3 nœud). Les lochs à hélice ou à roue à aubes sont à éviter : ils
sont peu précis à grande vitesse et se bloquent ou ralentissent avec les algues et les coquillages.

Un **loch Doppler** (DVL, *Doppler Velocity Log*) donne des résultats encore meilleurs : Furuno DS-30,
DS-50 ou DS-80, loch Doppler JRC JLN-205 ou sonar Doppler JLN-550. Mais ce sont un gyrocompas (précision
meilleure que 0,5°, comme le Meridian TSS-SG Brown) ou, mieux encore, une centrale inertielle (précision de
0,01° à 0,2°) qui donnent les meilleurs résultats : Kongsberg Seatex Seapath 100 (0,2°) ou 200 (0,05°),
iXsea Octans (0,1°). On peut aussi citer les capteurs de mouvement MRU (*Motion Reference Unit*) de
Kongsberg.

À noter :

- en entrée de gamme, des compas électroniques *flux-gate* à sortie NMEA 0183 peuvent convenir : Simrad
  RC37 (1,25° rms), Furuno C-500 (1,5°), PG500 (1°) ou PG1000 (1,5°), Maretron SSC200 (1°), Airmar H2183
  (2°) ou GPS/compas GH2183, ou une centrale d'attitude Xsens MTi (1°) ;
- les profileurs de courant (ADCP, *Acoustic Doppler Current Profiler*), comme les sonars Doppler Furuno
  CI68 ou CI88, mesurent les courants à plusieurs profondeurs. Leur interface était prévue dans de futures
  versions d'Olex, pour créer des cartes de courants de fond utiles aux palangriers et aux
  thoniers-senneurs.

## La calibration des capteurs

Quel que soit le speedo, il doit être étalonné pour éviter des mesures non linéaires dues au comportement
des courants. Dans un mode spécial d'Olex, le navigateur suit des lignes droites dans des sens opposés (sur
un fleuve, vers l'amont puis vers l'aval) à plusieurs vitesses. Olex affiche alors un graphe de vitesse
apparente et des facteurs de correction. Le compas s'étalonne de la même façon. Cette procédure se fait aux
essais initiaux et peut être refaite quand le navigateur le juge utile.
